La Oroya

Comment vous raconter la traversée de La Oroya?

La Oroya, province de Junin, 200 kms à l’Est-Nord-Est de Lima.
Le passage de la Cordillère Central à Ticlio vous a amené en pleine Sierra. Cela veut dire que vous êtes entre 3500 et 4000 mètres d’altitude.
L’oxygène se fait rare. L’injection électronique de la moto encaisse … mais elle n’est que de passage!!
Vous descendez du col.
En haut, la neige, plus bas, une pluie fine et pénétrante.
D’une façon générale, le plafond est bas (tout est relatif!), bas et pommelé!
La route, en lacet.
La trafic routier?
des camions poussifs, délabrés mais surchargés,
des taxis, breaks, tous blancs crasseux, aux kilométrages indicibles mais coréens,
et des bus allant du « SuperCama » qui pense avoir la puissance pour tout doubler, y compris dans les virages, au « local » qui sera le premier à être doublé!
Dans cette descente, la vallée s’encaisse.
Les premières maisons s’agrippent aux flancs.
Le bitume laisse place aux plaques de bétons esquintées. Avec elles, la boue, une boue grise, couleur béton.
La circulation empire.
Le bus local s’arrête sans prévenir, dégueule son flot de passagers.
Il faut quand même savoir qu’ils évaluent le chargement d’un minibus, type Volkswagen®, … mais coréen de même, à … 30 personnes!!
Passagers qui déboulent sur la route dans une parfaite et joyeuse inconscience.
Entrent en piste tous les types de véhicules qui ne s’éloignent pas du milieu urbain :
– tricycles à moteur, bâchés de couleurs vives, qui déboîtent, en trombe, d’entre les bus arrêtés,
– triporteurs aux cargaisons obstruant déraisonnablement la visibilité,
– le VTT, qui remplace de plus en plus le cheval, mais n’est pas encore maîtrisé,
– quelques restes de carrioles tirées par d’anémiques ânes,
– et la paysanne, feutre vissé sur le haut du crâne, jupes en surépaisseur, cargaison sous le bras, rejeton dans le dos protégé dans son lange bariolé qui, ainsi positionnée sur la route, est véhicule à part entière.
Pour peu que vous passiez au moment de la sortie des écoles (et c’était l’heure!), vous aurez aussi les petits uniformes pourpres ou bleus qui s’y mêleront.
Et je vous fais grâce des gazs d’échappement et des concerts de klaxons!
Tout ce petit monde converge vers le centre, les rues étroites, le marché.
Vous suivez le flot.
Un improbable pont métallique tablier de planches, goulot d’étranglement au-dessus d’un cours d’eau plus égout que torrent.
Le centre?
Dantesque!
Le centre passé, le même flot vous arrive de face!!
Ce n’est pas grave!!!
La densité baisse.
La pluie cesse.
Une éclaircie perce.
Vous sortez de La Oroya.
Direction Huancayo

… et vous tombez sur ça!!

Ça … vaut bien un agrandissement pour que vous ayez les détails :
des fumées noires qui se confondent aux nuages orageux
des fumées noires qui semblent avoir teinté les replis hercyniens
des fumées noires qui suintent de l’usine à diffuser la silhouette de la cheminée
des fumées blanches qui suintent de l’usine à se confondre avec le plafond pas si bas que cela!!
Ça? C’est un centre de traitement minier.
Ça? C’est ce qui donne l’ambiance de La Oroya, bidonvilles compris.
Ça? L’introduction, vous l’avez dans toute la vallée qui monte de Lima à Ticlio.
Mais là! …
Ça? C’est un pic … de pollution, à lui tout seul.
Ça? C’est DOE Run Peru! Je n’ai rien contre la publicité … mais j’essaie d’éviter. Là, je ne vais pas me priver : http://www.doerun.com.pe/
… et Dul si tu peux me répéter ce que tu m’as dit sur le sujet!!!

En Argentine, allant traîner vers la raffinerie, quelques dizaines de kilomètres au Sud de Mendoza, je m’étais fait la réflexion, des plus utopiques, qu’il serait profitable d’inclure les industries lourdes à l’urbanisme des villes, voire des centres villes, pour imposer logiquement et tout naturellement des normes sanitaires salutaires.
Au Pérou, auraient-ils devancé l’évolution?

Un peu de modération : Guillaume m’a dit et confirmé que le gouvernement péruvien imposait des normes … aux compagnies étrangères!!
Grâce à lui, j’ai pu aller à Antamina. Je confirme!!
Et puis, pas de manichéisme, s’il vous plaît!! Anglais, canadiens ou chinois font de même.
On dit : « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».
Le chat n’a pas de patrie.
… Il n’y a pas beaucoup de chats en Amérique du Sud!!

Toujours est-il que cette vision, au sortir de La Oroya, je la garderai longtemps au fond de ma rétine.

Ce contenu a été publié dans Pérou, PHOTOS, TEXTES. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

11 réponses à La Oroya

  1. Argent dit :

    Alors là bravo, super article. Très intéressant à lire. Merci beaucoup ! 😀

  2. Dul dit :

    Mineral san Cristobal est une entreprise minière installée au sud de la Bolivie. Si un jour tu as envie de découvrir la Bolivie je t’assure que tu ne te fous pas de cette mine qui risque de changer profondément une région qui est quand même patrimoine mondial de l’humanité 🙂 . Sinon la mine qu’ils veulent exploiter contient d’après les experts au moins deux fois plus d’argent que n’en contenait la mine de Potosi, mais j’imagine que Potosi est aussi à ton avis absolument sans intérêt 🙂 .

  3. Dul dit :

    ah oui ca d’accord 🙂 , je pensais que s’était l’ensemble des messages qui te gonflait.
    Que quoi si Yellowstone explose ça risque de changer la vie de pas mal de monde. Mais sinon ça ressemble juste à un spam pour attirer les gens chez lui.

  4. Julie dit :

    Rien a voir avec des plaisanteries bien grasses ou de dire des trucs intellos, ce ki de toute manière est pas mon truc, mais de raconter sur un blog que la surface du super volcan est montée de ..en.. ou que Mineral san Cristobal.. on s’en tape grave!! pour les personnes de passage, ou les français restés au pays, ils ne savent même pas de quoi vous tchatés..ce tout, sans rancune, les potes !!

  5. Dul dit :

    j’en suis fort confus Julie, si tu veux on va faire les clown,se mettre un nezrouge et dire des ânerie, p’tre que cela te satisfera plus :), demande, on se fera un plaisir de faire des commentaires comme tu le désires.

  6. julie dit :

    Vos commentaires sont très chiants !

  7. Ping : Bloguer ou ne pas bloguer ?

  8. Dul dit :

    il oublie juste le responsable
    Mineral san Cristobal qui s’engage à rendre un site à l’identique tout en ouvrant une mine à ciel ouvert dont l’objectif final est de rasé la montagne…

    Faut qu’on m’explique comment on fait pour rendre à l’identique une montagne rasée….

  9. Maxime dit :

    Le site de DOE RUN me fait penser à son confrêre, j’ai nommé Barrick ! ou comment exploiter les minerais d’une façon « rentable » et « responsable » à la fois.

  10. Dul dit :

    Sur mon passage à la Oroya?
    Ben nous y sommes passé nous pensions, nous y arrêter, Nous avons vu la ville, c’était gris triste. Nous avons passé notre chemin et finalement au coeur de la nuit, sous une pluie fine, nous sommes arrivés à Tarma, nous revivons bien content d’avoir passé la Oroya.

  11. Ping : À voir aujourd’hui sur Argentine au jour le jour

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *