Juan

Chili et Pérou n’ont jamais été de grands amis.
Même quand elle ne s’en mêle pas, la Bolivie ne fait pas office de médiateur dans cette histoire.
Plutôt d’huile sur le feu!!
Les relations diplomatiques entre les deux pays côtiers sont plus que tendues.
Les titres des journaux péruviens, d’une rare agressivité, relèvent plus d’une dialectique guerrière que de la diplomatie.
En bas de l’échelle, c’est quotidiennement que je note des signes d’hostilité.
Parallèlement même si les réserves de la Banque Européenne ont pu récemment et historiquement dépasser les réserves de la Banque Fédérale Américaine, le billet vert (malgré tous mes efforts!?!) est encore roi, empereur, voir dictateur.
Et dernièrement, le prix de l’essence est, au Pérou, fait exceptionnel sur ce continent, à peu de chose de près le même qu’en France.

Chala – plus de 500 kms au nord de la frontière le long de cette côte sauvage –
Arrivé à la nuit tombante, pour ne pas dire tombée, avec quelques rares soles en poche.
A titre indicatif et ordre de grandeur, pour 1€ vous aurez 4 soles et le salaire d’un flic est de 900 soles par mois.
Oui! J’ai pris pour habitude lors des vérifications d’identité, d’engager des conversations monétaires avec les représentants de la force locale
Non! Je n’ai pas dit « public »!

Confiant, il me restait une cargaison de pesos chilien.
Je trouverai bien la change, dans une banque, dans la rue, ou un distributeur!!
Le lendemain matin : RIEN!
Mais rien de rien!
Deux distributeurs … qui n’acceptent pas plus Visa que Master.
Deux banques, … deux directeurs de banque me disent « comprendre mes préoccupations » mais qui ne changent que des dollars. Avoir gardé des € sur moi n’auraient même servi à rien.
Pas un gambiste dans tout le village.
Pas un!
Je n’ai pas de quoi payer l’auberge.
Je ne vois que deux barrettes sur la très fiable et très pessimiste jauge à essence.
Nasca est à 170 kms!!

Je rentre dans toutes les boutiques les plus sombres.
Je fais le trottoir des échoppes.
Je prends mon air le plus candide (pour ne pas dire imbécile!!).
Rien!
En désespoir de cause, je m’arrête sur le pas de porte d’une grosse péruvienne qui vend quelques jus d’ananas, mangues et autre canne à sucre.
Ce sera un « jugo de naranja ».

Elle a un client : Juan!!
Juan est pêcheur-plongeur.
Il aime cette côte, y plonge régulièrement, en professionnel, comme « pour le plaisir ».
Il veut créer (à ce stade de développement, ce ne peux être qu’une création!!) un centre culturel.
En fait de centre culturel, il veut sortir ses voisins, ses collègues, ses amis, les vieux du village qui meurent avec leur histoire, les jeunes qui fuient, … (Oui? C’est une caricature? Non! C’est une réalité!). Il veut sortir, disais-je, la population de cette culture télévisuelle abreuvée de séries nord-américaines et d’informations gouvernementales. Il veut leur rappeler qui ils sont, d’où ils viennent, leur rendre leur fierté.
C’est brut, sévère, rude. C’est sauvage!!
Juan descend de temps à autres au Chili!!!

Vous aurez tous d’excellents conseils à me prodiguer!
Moi? J’étais content d’offrir à Juan un taux de change plus que préférentiel!!

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2 réponses à Juan

  1. Dul dit :

    cela vous donnera une première réponse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Pacifique

    Ajoutons-y un peu de Pisco sour, de nationalisme exacerbé, mélangez fortement et vous comprendrez.

    Les Périviens ont une blague qui m’a toujours horripilé sur les Boliviens, mais qui montre bien la bêtise des nationalismes sud-américains:

    En parlant du Lac Titicaca les péruviens disent, nous ont a le titi et eux le caca !!!
    Voilà c’est fin et intelligent d’autant plus que le secteur le plus pollué du lac est Puno au Pérou.

  2. Maugey dit :

    Cher Ami Voyageur,
    Il serait interessant pour nos amis lecteurs blogueurs, d’indiquer pourquoi une telle hostilité entre les Chiliens et les Péruviens, ne trouvez vous pas? AM

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