Viña versus Valpo

05h34!
0°C!
Viña del Mar.
Avenidad Libertad, au croisement de Ocho oueste.
Ocho oueste?
La haute bourgeoisie perpétue la tradition des fêtes!!
Ocho oueste, Vous êtes dans … l’AVENUE!
Si vous voulez investir, c’est dans Ocho oueste. Le prix au mètre carré le plus prometteur de Viña del Mar!!
(ne comptez pas sur moi!)
Quartier mort.
Ils sont là, à s’exhiber au milieu de nulle part.
La fête se situe au 4ème étage d’un bâtiment typiquement … HLM!!!!
Entourés de Dodge RAM® derniers cris parqués tout aussi silencieusement que les veilleurs de nuit faisant les cent pas pour protéger qui, les exactions du dernier rejeton de la famille qui, la collection d’antiquités!!
Toutes fenêtres ouvertes, la musique vomit un mixte de classiques (antiquités?) nord-américaines et de boîte à rythme lancinant pseudo-latinos (le Bobo dira néo : néo-latinos!)

Les bobos? Vous les trouverez à Valparaiso!
La municipalité encourage les projets de restauration de ces quartiers « Patrimoine de l’Humanité » (on y revient!!) pour peu qu’ils aient une envergure artistique. Artistique? Confort aux antipodes du charme mais potentiel avéré, contraintes inhérentes au classement, … il faut allonger!! Typiquement BoBo!!
Ici? Ils les appellent les « VIP-rojo » (prononcez Bip-rrrroro!)

Je viens de quitter Marta et ses vingt ans passées aux côtés de Georges Moustaki.
Je viens de quitter Marta et ses affres familiales.
Je viens de quitter Marta et ses horreurs administratives franco-françaises.
J’ai passé une bonne soirée avec Marta.
Chaleureuse.
Il faut encore que je « choppe » le bus qui me ramènera à Valpo (Valparaiso = Valpo. Vous n’allez pas me chicanez, c’est comme ça qu’ils disent ici!! Valpo!!!)
Un marchand de sandwichs entourés de tous ces paumés de la nuit.
Deuxième marchand, avec une clique de chiens errants.
Avenidad Libertad.
Je passe le pont, arrive sur la place.
Un quart d’heure de complicité avec le veilleur de nuit en rémission.
Le bus arrive.
Rue mal éclairée.
A peine s’arrête-t-il.
Le trajet retour longe la baie et ses lumières : lumières de bateaux ancrés au loin, lumières de grues portuaires encore en pleine activité, lumières d’une ville en pleine renaissance.
Seul dans ce bus, je pourrais être perdu. Mais Valparaiso est facile à saisir : tous ses coteaux plongent sur la baie.
Pas d’arrêts de bus.
Le chauffeur demande où tu veux descendre.
Rues vides.
Quartier centre.
Administration.
Désespérément vides.
Impressionnant.
Inquiétant.
Le plaisir mesquin de « s’oublier » dans l’embrasure de la majestueuse porte … Banco Santander.
Il faut encore grimper jusqu’à l’église luthérienne de Cerro Alegre.
Les ascenseurs, les fameux ascenseurs de Valparaiso, patrimoine de l’Humanité, privatisés pour moitié (!!!), sont fermés.
Les arcanes des rues sinueuses ou l’escalier abrupt?
Coup d’œil complice avec deux jeunes garçons surpris à se frotter (tabou?) au détour de l’escalier.
La perspective s’élève rapidement : cent marches et il n’y a plus que mépris pour ce bâtiment administratif qui englue pourtant la vue sur la baie.
Je suis arrivé à ma pension de famille.
Le cocon.
Cocon froid, cocon sans chauffage … mais cocon avec quatre couvertures parce que cocon humide!!

Valparaiso est-elle une ville dangereuse?

Valparaiso est un port.
Comme tout port, c’est une ville où drogue, prostitution, violence, … ont une consonance concrète.
Mais tout comme n’importe quelle ville au monde serait dangereuse sans connaître les coins vraiment dangereux. Tout comme n’importe quelle ville du monde serait dangereuse pour qui n’adopte pas un pas décidé. Tout comme n’importe quelle ville du monde serait dangereuse pour qui provoque du regard.
Pas plus!
La police vous informera. Le passant vous avertira. Le commerçant vous préviendra. Le touriste vous racontera. Mais ce sont toujours des « je connais quelqu’un qui … »!!
Pas plus, je dis!!
Certes, il est des quartiers où les travestis ne font pas toujours recette, où les chaînes en or et autres signes extérieurs de richesse en disent long sur les intentions pas volontairement bienveillante du type qui attend dans sa voiture, mais il faut taper dans les 3 ou 4 heures du matin. Pas une heure pour les braves!! Et quand il vous arrive de vous extirper d’une soirée que l’on quitte à regret, la patronne veille : « attendez ici, je vous appelle un taxi!! ». Invitation qui ne souffre aucune objection.

J’étais allé assister à une répétition de « cueca » :

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3 réponses à Viña versus Valpo

  1. Nadine dit :

    Toujours excellent ce blog ! Merci !

  2. Franchi dit :

    Amitiés à Marta

    Auriez-vous par hasard fait des videos de son chant si particulier?
    Buen camino
    http://www.dailymotion.com/comments/video/x2nvx2_motocicleta-en-vivo_shortfilms/3
    http://www.lemondeautourdelamoto.com/

  3. Yam dit :

    WHAOOU!
    Je suis sans voix! Oo
    Que d’émotions!

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