14 heures pour 14 kilomètres

Petit épisode personnel : à trop se plaindre des incidences (et conséquences) néfastes de ce p… de « devoir de précaution », on en perd parfois tout discernement.

Les nuages s’amoncelaient velus sur les hauteurs qui entourent le lac. Trop content de pouvoir quitter cette ville qui n’a de valeur que pour son site et ses environs (la valeur desdits site et environs rattrapant, au demeurant, largement le sentiment horrible de « dortoir à touristes » qu’inspire cette station), je m’enfilais gaillardement dans le goulet qui mène au plateau de la Pampa menant à Neuquen.
Les reflets du bitume annonçaient « mouillé-mais-sans-plus ».
La côte grimpait 20 kilomètres : j’étais prévenu!
Les 20 kilomètres se passaient très bien. C’est une fois passé que les choses se sont gâtées!! … dans la toute mignonne pente qui redescend tranquillement vers Piedro del Aguila
Une tempête de neige, mes amis!! Quelque chose de douilletement cotonneux et parfaitement ventilé!!
C’eut pu passer, … mais la nuit tombait. La lumière des phares explosant littéralement sur les flocons, le vent tourbillonnant, … pointait, du bout de sa truffe, un certain malaise. Amplifié par l’obscurité, décuplé par des tentatives d’un patinage plus désespéré qu’artistique. Quelque chose comme « Bon!! On ne va pas trop se soucier de la moyenne!! ».
C’est quand le troisième camion nous a rejoint, que j’ai pris la décision. La remorque, citerne (de lait, certes, mais je ne l’ai su qu’après!!), tentait de doubler son tracteur, occupant toute la largeur de la route, offrant une perspective inconnue.
Il était 21h00, la nuit était tombée depuis plus de deux heures. J’ai planté la bébette dans le bas-côté de l’arrière pays et suis allé voir le premier camioneur. 30 kilomètres et deux heures et demi plus tard : Piedra del Aguila, sa rue principale, principale et unique, son hôtel de voyageurs de commerce, son resto routier, l’incontournable match de foot, … et son poste de police (pour prévenir).
Eh! Bien! Croyez-moi si vous voulez! c’est l’adjudant en personne qui, aux premières lueurs du jour, venait frapper à la porte de ma chambre avec croissant et maté pour m’emmener sur les lieux du crime, s’assurer du bon fonctionnement de l’esseulée et me combler de conseils, ma foi, fort avisés.
Le soleil se levait sur la pampa enneigée … j’avais laissé le matériel photo à l’hôtel!!
J’ai trop rien vu du paysage, le « motonivelador » avait transformé a neige en glace vive.
A 11h30, je passais au commissariat remercier et signaler ma présence : le commissaire himself est sorti de son bureau pour m’inviter chez lui le soir.

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3 réponses à 14 heures pour 14 kilomètres

  1. viviane dit :

    Après toutes ces émotions…
    es tu passé par une sorte de paysage lunaire entre Neuquen et Puelen!!!!
    J’ai repéré ça sur google earth …
    Assez étonnant, environ 70 km à l’ouest et au sud de Puelen.

    Pour info : Le toponyme « Neuquén » vient du mapudungun qui est la langue des indiens mapuches. Dans cette langue le mot Nehuenken se réfère à la rivière Río Neuquén et signifie « torrentueux ».

  2. Aless dit :

    Félicitations pour ce voyage superbe… l’aventure de toute une vie!

    Merci beaucoup de nous la faire partager, cette aventure, par des récits passionnants et des photos superbes!

    Bon voyage et bonne route!

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