Silence

Ces kilomètres défilant apportent sensations et plénitude.
Mais ils demandent une concentration telle que vous excuserez mon silence.

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6 réponses à Silence

  1. LADAVIERE dit :

    Je profite du recueillement général pour te dire ce que toi tu manques.

    Le mois dernier, Renato s’est cassé le pied. Cette invalidité provisoire a permis à la clientèle du café jaune de la rue Saint André des Arts, de découvrir Lorena. Lorena est bolivienne comme Pamela Anderson est américaine. Le soir elle travaille comme bartender au Queen, le jour elle va et vient derrière le bar de « l’Etudiant », cambrée comme une andalouse, pleine d’avantages généreux et bronzés et à peine dissimulés derrière un mouchoir turquoise. Lorena a les dents blanches, le zézaiement royal des castillans, et un regard de vierge. Ses formes volent entre les tables sous l’œil goguenard du sicilien. Lui a pris ses quartiers dans le petit coin au soleil, sous le rayon de livres et à portée de caisse. Ici, il reçoit sa cour. Ses courtisanes, des coiffeuses défraîchies, deux éditrices aguerries et quelques écrivaines qui furent célèbres, se pressent au chevet de sa royale personne. Tel un Bourbon recevant ses ministres en pleine crise de goutte, Renato distribue le bulletin quotidien de sa santé, calé dans sa chaise d’osier, la jambe plâtrée posée à plat, bien en évidence. Cette nouvelle organisation semble plaire aux hommes comme aux femmes du quartier. Le café ne désemplit pas. Nous y déjeunons plus que de coutume, et même si Lorena n’est pas la reine de l’omelette, il est assez aisé de lui pardonner cette faiblesse.

    Et puis Roberto a pu remarcher. Il restait une journée à Lorena, quand à cause d’un pied encore fébrile et un appui mal assuré, Roberto a glissé dans sa baignoire et s’est brisé le dos. Nous avons gagné un semaine.

    Depuis, par solidarité, je relis Guiraldes et y pioche cette phrase que je te livre en guise d’encouragement. L’alter-ego de Ricardo, un jeune resero argentin, décrit avec admiration le gaucho Don Segundo Sombra qui le parraine dans son apprentissage de la pampa: « Comme action, il aimait surtout les déplacements perpétuels ; comme conversation le soliloque. »

    Ca n’atteint sans doute pas les sommets de sagesse d’un Lao Tse ou la profondeur tubarde d’un Proust mais ça a le mérite d’être local et devrait plaire à ta moto.

    Bien à toi

    LADAVIERE

  2. viviane dit :

    Pour laura
    Pas simple de dialoguer par commentaires décalés dans le temps et par le rythme des photos….je viens d’avoir marc sur skype….
    il répond à ton commentaire sur « A cheval!! »…va vite le rejoindre
    bisous….
    Peut-être un jour à villejust ????

  3. Laura dit :

    évidemment que c est exsusé!! :p
    bisous 🙂

  4. Marcel Proust dit :

    « …l’art véritable n’a que faire de proclamations et s’accomplit dans le silence… »

  5. Lao-Tseu dit :

    « La plus grande révélation est le silence… »

  6. Guillaume dit :

    Profite!…vie ton aventure à 200% sans avoir de remords…

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