L’Histoire par le petit bout de la lorgnette.

Il est de notoriété public que la marine de la couronne britannique a fait main basse sur toutes les mers du globe sans conteste pendant des siècles.
Pourtant, en ce premier 1er novembre 1914, au large du Chili, la flotte allemande de Guillaume II lui met une méchante déculottée.
Winston Churchill est alors Premier Lord de l’Amirauté.
Son orgueil piqué au vif, il se lance à l’assaut d’une vengeance qu’il veut totale.
La revanche a lieu au large des Malouines. De l’escadre tudesque, au bénéfice du brouillard, seul le croiseur « Dresden » en réchappe. Winston fulmine.
Albert Pagels, lui, est pilote de la capitainerie de Punta Arenas.
Le détroit de Magellan, tout comme les myriades d’îles, criques, passages, anses, fjords de cette partie australe de la côte chilienne n’ont plus de secret pour lui. Avec l’aide d’une population locale généreusement germanophile de part ses origines, il va, pendant des mois, orchestrer le jeu du chat et de la souris qui s’instaure entre un navire sans attache, traqué, et une armada fustigée par son premier Lord.
Mais voilà!
Le « Dresden » aux aguets est repéré au large d’une petite île chilienne, rattrapé, pilonné, coulé. Les quelques marins rescapés recueillis sur les plages de l’île par des militaires chiliens à la neutralité orientée, sont emprisonnés dans des conditions somme toute luxueuses au regard de ce qui se développe dans les tranchées européennes.
La fin de la guerre arrivera bien ainsi!
Un seul jeune lieutenant décide de s’évader. Il vole une barque de pêcheur. Rame jusqu’à la côte. Retrouve ces filières germanophiles qui sauront l’assister dans sa folle entreprise : traverser la cordillère à cheval, rejoindre Buenos Aires, embarqué sous une fausse identité à destination de Berlin, se payant le luxe d’une escale à Londres!!
Il s’appelait Wilhelm Canari.
Il deviendra Amiral de la flotte allemande. Les réseaux tissés pendant ses pérégrinations en feront un fin diplomate qui tiendra tête à Hitler sans jamais « tomber ». C’est lui qui, de sa propre initiative, approchera Churchill à la fin de la seconde guerre mondiale en vue d’une reddition. Churchill l’ayant jugé « peu fiable », … on connaît la suite!!

Je me demande si Churchill connaissait le début de l’histoire!

Vu au 20 heures, ce soir : la cloche du « Dresden », retrouvée lors de fouilles archéologiques et exposée au musée maritime de Valparaiso, va être prêtée à l’Allemagne pour une durée de cinq ans.

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