Cher ami, lecteur assidu et éveilleur de conscience (il se reconnaîtra!)
En réponse à votre commentaire, vous pardonnerez cette vision encore européenne, ce « petit bout de lorgnette », cet exercice de vulgarisation et corrigerez mes erreurs.
Tout le monde a entendu parler des conquistadors espagnols.
Tout le monde a entendu parler des explorateurs portugais.
Le brésilien dérive du portugais. Tout le reste du continent revendique le castillan.
La différence linguistique préfigure, plus de trois siècles avant, le parcours des deux rassembleurs historiques que ce subcontinent vénère … aujourd’hui!!
San Martin partit de Buenos Aires (Argentine), Bolivar de Caracas (Venezuela).
La pince se ferme!
Mais, de l’influence de la géographie sur l’histoire, le Brésil à contourner et l’inaccessibilité des étendues concernées font que, si l’autorité espagnole est boutée, la paix entre fédéralistes et unionistes ne se réalisera jamais.
Maintenant, si j’en reste à cette région et en d’autres termes, les querelles intestines flattaient déjà les éréthismes nationalistes des toutes jeunes Pérou, Bolivie et Chili.
Là-dessus, la découverte puis l’exclusivité de l’exploitation de produits nitrés, qu’ils soient aérien (guano) ou sous terrain (salpêtre), font de ce désert qui longe la côte Pacifique d’Antofagasta à Chala un enjeu tel que se déclare la guerre du Pacifique.
On est 1879, et, si la guerre ne dure que (?) quatre ans au terme de laquelle la Bolivie perd son accès au Pacifique et le Pérou continue sa petite guerre civile, les tensions entre ces pays ne cesseront pas pour autant malgré un traité définitif « négocié » par l’entremise des Etats-Unis vingt ans plus tard.
Ca! C’est que vous raconteront les livres d’histoires.
Ca! C’est que vous constaterez au quotidien en lisant une presse plus stupide ici qu’ailleurs.
Maintenant, à la lueur de mon parcours, je m’engage.
Aujourd’hui:
- le Chili a un poids économique largement supérieur à ses deux voisins,
- une politique qui va vers un développement réel et palpable.
- Elle a conscience que celui-ci passera par une révision du traité,
- que la Bolivie doit avoir un accès à la mer.
- que, même si son « opinion publique » n’est pas prête (et elle a bon dos!), le gouvernement chilien négocie avec le gouvernement bolivien.
- Si l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales a mis un coup de frein aux négociations, elles continuent cependant; la Bolivie fleurant l’opportunité, elle qui n’a d’accès à la mer que par … l’Argentine!!
- En début d’année, le Pérou a modifié arbitrairement et unilatéralement la ligne de frontière maritime.
- Cela a été pris comme « casus belli » par les vieux représentants du gouvernement chilien.
- L’affaire aurait du être portée devant les instances internationales (au conditionnel, je n’ai pas vérifier l’information!), mais …
- …
- Et là, là je vais être très cynique : LE TREMBLEMENT DE TERRE DE PISCO A SAUVE QUELQUES VIES HUMAINES!!!
Plus subjectivement encore, je dirai que, de toutes les rencontres, discussions, brèves de comptoirs, …, dont je peux témoigner, l’animosité latente (et c’est un doux euphémisme!) sentie dans la rue, les journaux, le quotidien, … est péruvienne. Un peu comme si le Chilien avançait avec la tranquillité et la sérénité de la supériorité.
A une autre échelle, cela ne m’a pas empêché, sur un continent où la mobilité du travail joue joyeusement des frontières, de rencontrer divers exceptions à ce que je viens de raconter.
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